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Développer son entreprise : écologie, bien-être au travail, réformes, normes… Comment être une bonne élève ?

le 28/02/2020 par Armelle Le Pennec-Panagos
Peut-être faut-il s’arrêter quelques instants sur cette injonction ? Être une bonne élève. Cet impératif
pouvait guider efficacement dans un monde prévisible, au temps où l’on obéissait sagement à trois
grands ordres - famille, maison et religion. Il était alors très simple de suivre des règles de
bienséance (ne pas couper la parole), les plans de la nature (procréer) ou encore les enseignements
divins (Va et ne pèche point !).

En 2020, fini le téléguidage ! Les préceptes se multiplient, se superposent, s’entrechoquent avant de s’évanouir. La bonne élève n’existe plus, du moins au sens classique du terme : celui des bulletins de notes, des félicitations en fin de trimestre et de l’absolution en fin de carrière. Fini le sacro-saint 20/20 en lettres rouges apposées sur un carnet scolaire exténué !

En ce troisième millénaire, la cheffe d’entreprise énonce elle-même son propre programme (tout comme le chef d’entreprise, d’ailleurs, le syndrome du bon élève se conjuguant aussi parfaitement au masculin !). Mais comment faire quand les déclinaisons du « bien-faire » sont si nombreuses, si versatiles, et parfois si obscures ?

Qu’est ce que la bonne élève ?

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Avant toutes choses, et paradoxalement, il faudra se reconnecter aux canons de la bonne élève, mais
en les galvanisant avec un grand vent de liberté de pensée !

– La bonne élève souriait ? Continuons à le faire. Sourire, c’est bon pour la santé. La nôtre et celle des personnes qui nous entourent. Sourire à la vie, aux succès et même aux fertiles insuccès.

– La bonne élève levait la main avant de parler ? Levons la main encore plus haut ! Pour demander à comprendre, chercher à apprendre, partager son avis, brandir des couronnes de laurier, danser et célébrer… Pour voter, enfin, pour nos futurs souhaités, dans des instances où la voix des femmes compte désormais.

– La bonne élève, une fois reconnue, était souvent invitée à transmettre ? Réputée pour son sérieux, louée pour sa pédagogie, son sens du partage et le souci de la postérité des idées, elle prolongeait souvent son engagement en transmettant son savoir, en partageant son expérience. Continuons à semer. Rien n’est plus délicieux qu’un·e étudiant·e, un·e collègue ou un·e salarié·e remerciant pour le partage de sens.

Car il s’agit bien de ça et, à vrai dire, il ne s’agit que de ça désormais…

La bonne élève n’est plus…

Qu’il s’agisse du bien-être, de l’écologie ou encore des réformes, la bonne élève ne s’investit désormais que si les choses font sens. Finis la molle obéissance et le sourire placide. La bonne élève doit s’atteler aujourd’hui à faire bouger des montagnes. La force motrice pour un tel engagement ne peut trouver sa source que dans la conviction profonde de se battre pour une bonne cause, pour avancer vers un monde meilleur.

En écologie donc, face au défi climatique (et parfois au déni climatique !), la bonne élève ne se lamente pas sur les lendemains qui déchantent. Mobilisée par ce qui devrait tous nous mettre en mouvement, elle va à la pêche aux infos, aux contacts, aux organismes et associations porteuses. Elle allie ses forces à des réseaux transformants comme Germe, APM, CJD ou le dernier-né Ruptur. Elle cherche le produit, le mode de fabrication, la disruption positive. Elle enquête, elle pèse le pour et le contre, pour réengager les forces de son entreprise dans un combat sensé. Elle écoute, par exemple, des prospectivistes éclairés comme Sandrine et Yannick Roudaut. Elle veut croire que Nicolas Hulot saura retrouver sa place. Elle lit quelques pages de Sylvain Tesson avant de s’endormir pour y puiser de l’inspiration. Elle choisit les sponsors d’un développement durable. Elle transforme son angoisse latente en décisions pertinentes. Elle se rapproche de celles et ceux qui font, à défaut de pouvoir être initiatrice. Et quelle importance, pour une fois, de ne pas être en tête de classement ? La bonne élève n’a pas besoin d’être le génie qui invente et supplante. Elle est celle qui fait gonfler le flux des actions cohérentes. La bonne élève s’engage avant tout comme actrice. Une actrice cohérente.

La bonne élève est libre.

bonne élèveCohérente aussi sur le chapitre du bien-être au travail, l’entrepreneuse ne croit pas aux sirènes. Elle se démène au quotidien pour créer les conditions permettant à chacune et chacun d’être bien dans son travail. Elle ne délègue pas le chapitre de la QVT à son happiness manager, car elle sait l’importance de rester en prise directe avec les personnes. En partageant les fonctions, elle risquerait de générer des guerres de position. Elle pense que le travail est fondamentalement compatible avec le bien-être. Elle constate même qu’il en est, à maints égards, le garant. Elle sait que son devoir, c’est avant tout de créer de l’emploi et de le maintenir dans des conditions tenables, dans une grande exigence de sincérité et d’exemplarité. A ce titre, la bonne élève est plutôt bien câblée !

Elle sait qu’il faut donner l’exemple, travailler beaucoup mais surtout pas trop. Donner des coups de collier sans perdre le sommeil. Observer, écouter, entendre des avis contraires. Elle sait dédier du temps au dehors, pour observer la nature, respirer, réfléchir. Un en mot comme en cent, elle sent que la clé du bien-être est la considération. De l’autre et de soi et du vivant, à parts équilibrées. Tout le reste n’est que mise en musique !

Quant aux réformes, alors là, que dire ? Que la cheffe d’entreprise qui avance en bonne élève doit composer avec le sentiment d’être souvent un peu hors la loi, dans une vigilante collaboration avec ses expert·e·s-conseil. Paradoxe suprême quand toute son âme est souvent portée par l’ambition de faire seule et parfaitement. Mais la réforme, c’est le changement, et dans le changement, point de perfection ! Juste de magnifiques et courageuses approximations… L’entrepreneuse qui veut développer son entreprise en 2020 sait que son succès passera par l’alliance subtile – et néanmoins robuste – avec l’imperfection, dans une intensive et permanente coopération !

 

Par Armelle Le Pennec-Panagos

Crédit photos Pixabay

 

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