Entreprendre

Faire de l’innovation et des normes votre succès !

L’innovation est le carburant de ce siècle, avec cet ultimatum : « Innovez ou mourrez ! » Aucune entreprise n’est protégée par son expérience et son antériorité. Aucune n’est à l’abri de l’« ubérisation ».  Les consommateurs et consommatrices sont versatiles, veulent une expérience personnalisée, de la réactivité, de l’authenticité. Le tout dans un cadre (protecteur de leurs droits) de plus en plus réglementé.

Comment innover, renouveler son offre, améliorer ses processus, tout en prenant en compte ce cadre normatif de plus en plus contraignant ? Là où les grandes entreprises peuvent s’appuyer sur une armée de juristes d’un côté - pour décrypter les nouvelles normes auxquelles l’entreprise doit se plier - et, de l’autre, sur l’intelligence collective ou encore les équipes R&D - pour imaginer des réponses innovantes aux besoins des client·e·s -, vous, qui venez de créer votre structure, vous vous pensez moins armée… Comment concilier l’innovation et la norme ? Et si la solution était à portée de clic ? Petit guide digital de survie pour combiner efficacement deux injonctions qui ont tout d’un paradoxe !

De l’inspiration à l’idée…

Le mythe de l’entrepreneuse ou de l'entrepreneur visionnaire est tenace et, avec lui, la croyance que sans grande idée, pas de projet entrepreneurial possible. Et pourtant, en pratique, les Géo Trouvetou sortant leur projet de leur garage n'existent que chez Disney. D’Ikea à Facebook, toutes les grandes entreprises ont démarré modestement. Leur vision est davantage le fruit de l’évolution du projet, confronté à ses premiers clients, fournisseurs, partenaires et salarié·e·s, que de l’idée géniale de leur créateur ou créatrice au lancement. En effet, l’innovation ne se décrète pas. Elle peut être le résultat du hasard, du bricolage ou de la collaboration de personnes d’horizons divers. C’est pour cette raison qu’il est essentiel, quel que soit votre domaine d’activité, de rester en veille, de regarder les tendances dans votre métier, d’identifier les influenceurs et influenceuses, de suivre les commentaires des utilisateurs et utilisatrices. A votre portée, avec les réseaux sociaux : les créations de vos concurrent·e·s, les échanges et les avis des consommateurs et consommatrices, les recommandations des expert·e·s… Abonnez-vous aux uns et aux autres et lisez régulièrement ce qui s’y dit. Vous aurez non seulement une idée des « normes » en vigueur, mais surtout, vous trouverez des sources d’inspiration quotidienne pour votre projet. Les utilisateurs et utilisatrices savent se plaindre sur les réseaux sociaux de ce qui leur manque ou de ce qui ne fonctionne pas. Ça tombe bien : il y a sans doute là une niche d’innovation potentielle !

De l’idée à ses usages…

Pendant longtemps, depuis la révolution industrielle notamment, l’innovation a été valorisée sous l’angle du progrès technique. Pour autant, il est également important de s’intéresser - comme les sociologues - aux utilisateurs et utilisatrices, à leurs usages : sortir de cette vision purement technique pour voir comment la société s’approprie les nouveautés. D’ailleurs, c’est dans cette appropriation que la véritable innovation peut aussi émerger, d’un autre usage du produit ou du service que celui imaginé au départ. Cette approche qui consiste à considérer les usages des client·e·s ou des utilisateurs et utilisatrices est au cœur de la démarche « Design Thinking » qui se répand dans les entreprises aujourd’hui. Elle met les entrepreneuses et entrepreneurs qui la pratiquent dans une logique de co-création avec leurs client·e·s potentiel·le·s, faite de boucles itératives entre écoute-problématisation-prototypage-feed-back utilisateurs. Le design thinking est un terme qui ne vous parle pas ? Il est encore temps de vous initier à cette démarche. Des plateformes de MOOC comme OpenClassrooms ou encore Unow proposent des sessions online qui peuvent constituer une bonne base pour comprendre cette dynamique créative. Ensuite, se rendre à des événements, meetups ou autres ateliers de co-création, permettent de la vivre de l’intérieur, en amenant sa problématique ou en participant à celle d’une autre entrepreneuse ou entrepreneur. En effet, selon Philippe Silberzahn, professeur à l’EM Lyon, multi-entrepreneur et promoteur de la démarche effectuale, une idée, même si elle paraît banale au départ, peut suffire. Ce qui compte, c’est de la frotter à l’action, aux autres. C’est ce qui la fera progresser. Et de cette confrontation avec le terrain, la véritable innovation finira par émerger.

Des usages au prototype…

Un autre moyen de confronter ses idées et d’innover, c’est de rechercher la cross-fertilisation avec d’autres entrepreneuses et entrepreneurs, en fréquentant des lieux ouverts de collaboration. Les espaces de coworking et les fab labs permettent de passer du cerveau à la main. L'idée ? Faire, toucher, essayer, prototyper, fabriquer, innover, tout en élargissant son horizon. Rien de plus simple pour trouver le fab lab le plus proche de chez vous : le Réseau Français des Fablabs en propose un panorama sur son site internet. Vous pouvez aussi participer à des hackathons, événements durant lesquels des volontaires se réunissent pendant une période de temps donnée pour travailler sur des projets en mode collaboratif. Si les hackathons ont une connotation informatique, de plus en plus sont consacrés à d’autres domaines d’activité. Rendez-vous sur le portail Hackathon.com pour vous tenir au courant des prochains rendez-vous dans votre région et de leur thématique. Participez à ces événements pour y proposer votre projet et profitez de l’énergie collective pour le faire grandir. Prendre part, avec vos compétences, au projet d’un·e autre vous permettra aussi de capter des pistes que vous pourrez ensuite développer pour votre propre projet. Enfin, si votre projet d’entreprise a déjà un contour relativement clair et que vous voulez en accélérer le développement, il est aussi possible de regarder du côté des incubateurs. Leur objectif : transformer une idée innovante en entreprise performante. Ils peuvent être privés, rattachés à une grande école, une collectivité ou une entreprise. Ils vous permettent de profiter d’un éventail de services, de l’hébergement au mentorat. Sur le web, le site Mon incubateur, par exemple, vous permettra de trouver le lieu le plus adapté à la nature de votre projet et au type d’« accélération » que vous recherchez (accompagnement, idéation, contact avec des business angels…). En complément, si vous ne savez pas tout à fait vers quel acteur de l’innovation vous tourner, le site Bpifrance Création vous permet d’accéder à un annuaire détaillé. Après avoir répondu à quelques questions sur l’état de maturité de votre projet, votre secteur d’activité ou encore votre localisation, fab labs, couveuses, incubateurs et organismes d’accompagnement seront tous à portée de clic !

témoignage laure rondeau desroches

Du prototype au brevet…

Quand on se lance dans son activité, avec une idée géniale, un projet innovant, il convient aussi de s’interroger sur la propriété intellectuelle. Ce produit ou ce service existent-ils déjà ? Cette marque n’a-t-elle pas déjà été utilisée par un autre acteur ? de quel domaine ? Des questions-clés qui ont pour objectif de protéger toute idée - tout produit relevant d’un ensemble de droits de propriété. En effet, la production de connaissance étant un bien public, si le dépôt de brevets, de marques ou de dessins n’existait pas, n’importe qui pourrait prendre l’idée d’un·e autre. Le risque de pillage n’encouragerait pas l’innovation. A contrario, grâce au système de protection de la propriété intellectuelle, inscrit dans un cadre international, nous sommes davantage incité·e·s à innover. Vous avez déjà un nom pour votre marque ou votre produit ? Commencez par faire une recherche sur un moteur de recherche pour voir si celui-ci n’existe pas déjà. Et même si ce nom est pris pour un autre secteur d’activité, posez-vous la question de la cohabitation avec votre propre activité. Est-ce que cet homonyme déjà existant ne va pas vous faire de l’ombre ou créer une confusion ? Vous pouvez aussi utiliser le portail data de l’INPI, Institut national de la propriété industrielle, offrant les données des 5,9 millions d’entreprises inscrites au Registre national du commerce et des sociétés (RNCS), accessible à toutes et tous. Ou encore faire appel directement aux services de l’INPI pour faire une recherche d’antériorité. L’INPI propose sur son site internet de nombreux services en ligne pour vous guider dans les démarches : dépôt de marque, protection de modèles ou de dessins, dépôt de brevet, renouvellements… Sur le site, vous trouverez aussi toutes les informations utiles pour comprendre le cadre juridique de la propriété industrielle : droit d’auteur, appellation d’origine contrôlée, nom de domaine, etc.

Du brevet à la norme…

Créer une entreprise, selon le domaine d’activité, vous inscrit également dans un cadre légal et réglementaire, propre à chaque secteur. Sans expérience préalable dans ce domaine, il est difficile d’en connaître toutes les exigences, et ce d’autant plus que le législateur est prolifique et que ce cadre évolue en permanence. Aussi, si vous vous lancez dans une activité, qu’il s’agisse d’ouvrir un commerce (électronique ou non), un restaurant ou un food-truck, de proposer un service de transport vert et durable dans votre région, d’accueillir du public dans votre lieu culturel, d’organiser des voyages pour faire découvrir votre région à des touristes étrangers... sachez qu’il existe de nombreuses autorisations à obtenir et déclarations à remplir auprès des services administratifs. Toutes ces réglementations visent encore une fois à protéger le consommateur. « Nul n’est censé ignorer la loi » : à partir du moment où vous créez votre structure dans un domaine, vous devez vous plier à des normes. Le portail Servicepublic.fr possède un espace dédié aux professionnels très complet. Vous pourrez accéder aux textes de référence qui s’imposent dans votre activité mais aussi compléter en ligne les formulaires essentiels. Une recherche sur le site Légifrance vous donnera également accès aux accords, conventions et traités internationaux, dispositions législatives et réglementaires, qui encadrent votre activité. Faites-vous bien sûr aider par un·e avocat·e ou un·e conseiller·ère spécialisé·e (au sein de la Chambre de commerce et d’industrie de votre région, de la Chambre de métiers et de l’artisanat, ou d’organismes qui accompagnent les créateurs et créatrices d’entreprise). Vous pouvez aussi vous appuyer sur les services de nombreuses LegalTech. Ces startups proposent via leurs portails ou applications une large palette de services juridiques : trames de documents - du devis au contrat de travail en passant par les conditions générales de vente -, conseils d’expertes et d'experts juridiques et fiscaux… Myformality, WikiCrea ou encore Formalight, ces acteurs sont nombreux et leurs services variés. N’hésitez pas à comparer et libérez-vous des formalités et de leurs nombreux pièges, pour avoir le temps d’innover !

De la norme au label

Enfin, la norme peut aussi être l’occasion de valoriser votre offre voire votre business model : label bio ou fairtrade pour les produits, label B Corp pour les entreprises… Cette dernière certification a pour objectif de souligner l’impact positif de votre entreprise par rapport aux enjeux environnementaux et sociétaux. Votre raison d’être est justement de participer à plus de justice, d’équité, de solidarité, d’inclusion ou encore à une meilleure préservation des ressources, de l’environnement ? Alors il peut être intéressant de valoriser votre effort en vous lançant dans la démarche B Corp. La certification commence par un questionnaire en ligne gratuit sur le site de B Corp. Elle est à la portée des toutes petites structures voire des entreprises en création qui n’ont pas encore publié leur premier bilan financier. C’est l’occasion de vous positionner comme une société à mission et d’inscrire dans votre objet social une raison d’être forte, incarnant votre engagement dans un business qui aura un impact positif sur l’environnement et/ou la société (voir notre article sur la loi PACTE). Et quand la norme peut contribuer à changer le monde, c’est forcément innovant, non ?

Quelques ressources utiles (non exhaustives) :

INPI :

Site web : https://www.inpi.fr/

Portail data INPI : https://data.inpi.fr/

Service-public.fr (onglet professionnels) :

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises

Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/

Certification B corp : https://bcorporation.net

Quelques LegalTech :

MyFormality : https://www.myformality.com/

WikiCrea : https://www.creerentreprise.fr/

Formalight : https://formalight.com/

Quelques annuaires :

Bpifrance Création : https://bpifrance-creation.fr/

Réseau français des Fab Labs : http://www.fablab.fr/

Incubateurs : http://www.mon-incubateur.com/site_incubateur

Hackathons (en ligne et présentiel) : https://www.hackathon.com/

Quelques formations en ligne :

Unow : SPOC Design Thinking : https://www.unow.fr/formations/design-thinking/

Open Classrooms : https://openclassrooms.com/fr/courses/3013836-initiez-vous-au- design-thinking

Klap : https://klap-design-thinking.teachable.com/p/formation

Coursera : MOOC sur l’effectuation : https://fr.coursera.org/learn/effectuation  

 

Par Gaëlle Roudaut
Crédit photos Pixabay

 

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