julie spolmayeur
Portraits

Julie Spolmayeur : Transgresser les schémas préconçus et oser entreprendre

le 04/03/2019 par Mélanie
Julie Spolmayeur est entrepreneuse depuis bientôt 4 ans. Elle partage avec nous ses débuts dans l’entrepreneuriat, sa vision du management et ses valeurs.

Pouvez-vous vous présenter ?

julie spolmayeurJe m’appelle Julie, j’ai 27 ans et je suis passionnée par un tas de choses : voyager, la productivité et le bonheur au travail, les relations aux autres et à soi…

J’ai créé 3 entreprises : La Box à Planter, pour apprendre à jardiner sans se prendre le chou, La Fabrique à Sachets (personnalisation de sachets de graines bios) et Womoon, qui s’adresse aux femmes, pour apprendre à se reconnecter à soi.

Pour résumer, j’adore rendre sexy des choses qui ne sont pas sexy, comme le jardinage ou l’ésotérisme !

Qu’est-ce qui vous a poussée vers l’entrepreneuriat ?

En entrant en école de commerce, je ne me retrouvais pas vraiment parmi mes camarades, qui aspiraient à travailler dans de grands groupes et à faire des choses hyper conventionnelles.
Mais j’y ai découvert l’entrepreneuriat : il y avait des ponts à faire entre ma formation et ce que j’avais envie d’être. Je pense que l’entrepreneuriat reflète pas mal ma personnalité. Ça me permet de m’épanouir, dans le sens où j’adore inventer les choses, tout penser de A à Z. Je déteste suivre des schémas préconçus.

Comment en êtes-vous arrivée à monter La Box à Planter ?

Après six mois dans une startup dont les missions et le management ne me correspondaient pas, j’ai eu l’impression que l’entrepreneuriat était quelque chose d’horrible.

Et puis un jour, une amie m’a fait réaliser que, comme elle, je ne pourrais jamais travailler pour quelqu’un d’autre. J’ai alors cherché plein d’idées en lien avec l’écologie. Rendre le jardinage accessible et sexy, et remettre au goût du jour des variétés anciennes étaient mes deux points d’appui.

Entre l’idée et la première box vendue, il s’est passé un mois. C’était hyper moche quand je l’ai lancée mais pour moi, il valait mieux tester et rendre ça plus joli après, plutôt que de rendre ça parfait et qu’au final, ça n’intéresse personne.
La première saison, on a écoulé 100 boxs. Aujourd’hui, on en est à 6000 par saison.

Combien êtes-vous désormais chez La Box à Planter ? Quelle est votre vision du management ?

On est désormais dix. A partir de mars 2017, j’ai commencé à dédier énormément d’énergie au management de l’équipe, à l’écoute au sein de l’entreprise.

Le plus important, c’est d’établir sur quelles valeurs repose ton entreprise, et c’est sur celles-ci que je me base pour recruter, avant même les compétences métier. Ensuite, il faut beaucoup d’écoute, de confiance et de co-construction : je ne prends aucune décision seule et tout est très décentralisé.

Je pense que je suis celle qui porte l’élan au début, qui arrive à comprendre où il y a un marché, à bien mettre en place les choses, pour ensuite déléguer. Mon talent n’est pas de m’occuper indéfiniment d’une tâche, je suis assez mauvaise pour faire quelque chose dans la durée.

julie spolmayeur

Justement, sur quelles valeurs reposent vos entreprises ?

julie spolmayeurLe respect, de tout, en général. De soi, des autres, des rythmes de chacun. On s’impose déjà trop à soi-même de travailler même quand ce n’est absolument pas le moment : on peut commencer à 11 h parce qu’on avait besoin de temps pour soi et être d’autant plus efficace de 11 h à 13 h.

La transparence : on se dit tout, et on dit tout aux clients aussi. C’est important pour moi car c’est aussi comme ça que je suis tombée amoureuse de l’entrepreneuriat, grâce au blog de Patrice Cassard.

C’est un peu la suite logique que je partage à mon tour, pour inspirer, pour montrer que c’est possible que chaque entreprise permette de s’épanouir dans le travail. Je veux montrer qu’il y a d’autres solutions possibles et qu’on n’est pas obligés de tout faire dans la souffrance… C’est d’ailleurs important qu’on puisse chacune prendre du plaisir dans notre travail.

Et finalement, l’ouverture : on est toutes hyper curieuses, ouvertes d’esprit, on a soif d’apprendre.

Womoon est né de votre association avec Célia, également salariée de La Box à Planter : était-ce compliqué de sauter le pas ?

Je me suis associée au début de La Box à Planter, mais la séparation a été douloureuse. Il fallait évaluer la valeur de l’entreprise, l’implication de chacun… Ce n’est pas un passage évident ni facile dans la vie d’une entreprise.

Avec Womoon, j’ai été heureuse de me dire « Allez, go, je vais m’associer à nouveau ! » Ces dernières années ont été riches d’enseignements. J’ai pu définir mes valeurs, m’entourer de belles personnes et aussi apprendre des choses plus terre à terre, telles que « comment rédiger un pacte d’associées »…

Comment arrivez-vous à gérer tous ces projets ?

J’arrive assez bien à gérer les trois entreprises car je délègue beaucoup sur La Box à Planter. En ce moment, je suis à fond sur le lancement européen de La Fabrique à Sachets.

Mais je n’ai plus envie que toute ma vie tourne autour de l’entrepreneuriat. D’ailleurs, je me suis lancée dans l’écriture d’un roman ! Je pars complètement ailleurs et ça me fait du bien !

Je n’en peux plus d’être définie uniquement comme une entrepreneuse. J’ai envie de projets plus à moi : le yoga, le bouquin… Mais ce n’est pas évident de tout allier.

Finalement, avez-vous des conseils pour entreprendre sans se prendre le chou ?

Oser… on n’a qu’une vie ! Personnellement, je ne suis pas là pour suivre des codes, des règles, mais pour les transgresser.

Et… ne pas se prendre le chou ! S’il y a bien une chose que l’entrepreneuriat m’a appris, c’est de toujours relativiser !

julie spolmayeur

 

Par Mélanie Carrière

Crédits photos Entrepreneuze et La Box à Planter

 

Vous pourriez aussi aimer cet article Charlotte Baranger, agir en mêlant le monde du business et de la solidarité

0 commentaire

Donnez votre avis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.