Portraits

Flora Nicolle, mampreneure ou la liberté d'entreprendre

Rencontre avec Flora Nicolle, consultante en communication, entreprendre entre équilibre vie professionnelle et vie personnelle.

Bonjour Flora, qui êtes-vous ?

J’étais dans le secteur de la communication, chargée de comm’ chez L’Annonceur. Après de nombreux CDD et l’arrivée de ma fille, j’ai eu envie de me mettre à mon compte, en tant que freelance. J’ai créé mon entreprise en avril 2019.

Flora Nicolle

Que proposez-vous dans votre entreprise ?

Je suis consultante. Je m’adresse aux PME qui ont besoin de conseils en stratégie de communication, en création de contenus, en rédactionnel pour les réseaux sociaux, les newsletters, les magazines internes, etc. Je suis notamment spécialisée dans la communication institutionnelle. Actuellement, j’interviens principalement sur Nantes, en Loire-Atlantique. Étant en phase de développement, j’essaie de me faire connaître sur tout le département. Stratégie et opérationnel sont vraiment les deux facettes que je développe au sein de mon entreprise.

Que faites-vous au quotidien pour faciliter l’entrepreneuriat des femmes ?

Je suis féministe et il y a beaucoup de choses qui me tiennent à cœur au-delà de l’entrepreneuriat, notamment le sujet de la maternité. Depuis peu, je suis co-responsable de l’antenne Mampreneures de Nantes. C’est une association nationale déclinée sur le territoire. On peut y rencontrer d’autres femmes qui ont les mêmes problématiques que nous : être mère et entrepreneure, et réussir à allier le tout. On organise une rencontre par mois, durant toute une matinée. À ce jour, on est une vingtaine dans le groupe de Nantes. J’ai eu l’opportunité d’y rencontrer d’autres professionnelles de la comm’. Ça permet de se faire connaître. C’est dynamisant et bienveillant, on s’entraide. Parfois, être seule peut être un peu pesant dans l’entrepreneuriat. On cible nos rencontres sur le développement personnel ou le développement de l’entreprise.

Quels sont les freins ou les peurs que vous avez pu rencontrer ?

La peur d’être précaire est la raison pour laquelle je n’osais pas me lancer. Je veux réellement pouvoir me verser un salaire et réussir à trouver un équilibre entre ma vie pro et ma vie perso. Je suis hyper soutenue par mes proches et mon mari notamment. Quand je me suis lancée, j’avais encore des droits au chômage, ce qui m’a rassurée. Je souhaite avoir la même indépendance financière que celle que j’avais lorsque j’étais salariée. Je vais bientôt pouvoir me verser mes premiers salaires et c’est une vraie satisfaction. Dès le début, je me suis fait accompagner par une coach de la BGE. Elle m’a aidée à avoir une vision commerciale et à me poser des objectifs à court et moyen terme. Elle m’a aussi accompagnée dans la spécialisation de mon activité et m’a aidée à prendre conscience qu’on ne peut pas tout vendre. C’est important d’avoir une vision extérieure sur cette problématique qui n’est pas innée chez tout le monde !

Comment avez-vous évolué avec votre entreprise ?

Quand j’étais salariée, je me forçais à faire des choses dont je n’avais pas envie. Ou bien je travaillais avec des personnes qui ne m’inspiraient pas. J’ai pris conscience de mon propre fonctionnement et du fait qu’il faut respecter cela pour être bien dans sa vie. Aujourd’hui, je ne me force plus. Je suis en accord avec mes valeurs et je pense que j’évolue autant personnellement que professionnellement.

Comment vous imaginez-vous dans cinq ans ?

J’aurai réussi à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. J’aurai atteint un salaire correct sans être toujours dans l’incertitude du lendemain. Ce qui me plaît avant tout, c’est le sentiment de liberté que l’entrepreneuriat procure et je ne vois pas quelle autre solution que d’être à mon compte pour arriver à cela ! Les contraintes horaires m’ont beaucoup pesé quand j’étais salariée. Le présentéisme, en France, n’a aucun sens. Ce qui est chouette maintenant, c’est que lorsque j’ai fini de travailler, je fais autre chose. Je suis seule à gérer mon planning. Pour toutes ces raisons, je ne me vois pas du tout revenir en arrière. En tant qu’entrepreneure, si on travaille bien, on a un revenu. Dans le cas contraire, on n’a rien.

Flora Nicolle

Que diriez-vous à la Flora d’il y a 10 ans ?

Ose et vas-y !

Un dernier conseil aux femmes qui veulent se lancer ?

Ne surtout pas hésiter à se rapprocher de réseaux, d’associations et de cercles d’entrepreneurs pour avoir des retours d’expérience. Bénéficier aussi des nombreuses aides qui existent. Se faire accompagner et être entourée. Ne pas rester isolée dans son projet et dans ses peurs. Quand on partage tout cela, on se rend compte que tout le monde a les mêmes craintes et en parler permet de les désamorcer. Et puis, chacun sa montagne ! L’objectif ne sera pas le même en fonction des personnes. Il faut être en adéquation avec cela. Ne pas répondre à ce que la société demande mais répondre à ce que l’on veut vraiment.

Par Bérengère Soyer
Crédit photos Céline Moussay Photographe

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