rebondir après un échec
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Comment apprendre à rebondir m’a faite grandir

le 29/01/2019 par Bérengère
Parce que la vie n'est pas toute tracée, se réinventer fait partie intégrante de la vie d'entrepreneuse.

Cette semaine, c’est un article un peu plus personnel que l’on souhaite vous écrire. Ou plus précisément que je souhaite, moi Bérengère, vous écrire. Notre thème du mois de janvier aborde le délicat sujet de l’échec dans la création d’entreprise. J’ai souhaité aborder ce thème puisque trop de tabous l’entourent encore. On le nie, on le cache, on n’en parle pas (ou peu), on le range au fond de son histoire. Et en tant que personne on se culpabilise, on s’autoflagelle et on perd toute confiance en soi. Bref, l’échec peut vite devenir une vraie dégringolade si nous ne sommes pas encadrées pour y faire face et rebondir.

Suis-je une ratée ?

Là où l’échec est appelé expérience de l’autre côté de l’Atlantique, il est chez nous, la raison pour laquelle on ne nous rappelle pas après un entretien d’embauche ou une tentative de levée de fonds. Et pourtant, une personne qui a échoué lors d’une première expérience entrepreneuriale et qui se relance dans une nouvelle aventure, est quelqu’un qui s’est remis en question et qui a su analyser ses erreurs passées.

rebondir après un échecPour ma part, je me suis lancée dans l’entrepreneuriat après mes études, j’avais 22 ans. J’ai créé en 2013 une conciergerie d’entreprise. Après trois années à la développer, cette entreprise n’a pas fonctionné. Sans bénéfice, sans salaire et avec une trésorerie vide, j’ai fait le (dur) choix d’arrêter de batailler. À 25 ans, ce que je n’avais pas su prévoir ni même anticiper et encore moins voulu voir, me renvoyait directement à la case « looseuse » !

Ai-je perdu tout mon temps ?

Alors commence le long chemin du deuil; le refus, la colère, la négociation avec soi-même (oh oui!), la tristesse voir la dépression puis l’acceptation, le pardon et la sérénité retrouvée à travers la quête de sens. Parce que lorsqu’on entreprend on y met tout son coeur, tout son temps, toute son énergie et parfois même tout son argent. Oui les étapes du deuil sont importantes pour mieux rebondir ! Et pour faire son deuil correctement il faut ce temps. L’échec ne deviendra expérience qu’à partir du moment où l’on prend ce temps, pour analyser ses erreurs et comprendre ce qui s’est passé. Lorsque l’on sait que pratiquement la moitié (49,5%) des entreprises créées en France, échouent dans les cinq premières années d’existence, l’acceptation devient plus simple. Cependant, accepter doit aussi passer par sa propre remise en question. Il ne s’agit plus de se fustiger ni de s’arranger avec la réalité. Mais bien de poser les choses, de comprendre ce qui a et ce qui n’a pas fonctionné. De faire face à ses erreurs et à ses réussites (oui il y en a!) et mettre cette phase de désamorçage au service de la suite.

Personnellement, après cette prise de décision difficile, j’ai fait le choix de jeter au placard rebondir après un échectout ce qui touchait de près ou de loin à l’entrepreneuriat. De le fermer à double tour et de m’engager dans une toute autre direction. J’ai travaillé pendant 14 mois en tant que salariée et je me suis persuadée que la création d’entreprise n’était plus faite pour moi. La suite allait me donner tort…

Si j’avais finalement appris à entreprendre ?

En 2019, d’après une étude de la start-up Equiteasy, « les échecs passés ne sont (plus) rédhibitoires pour 94% des investisseurs ». Cette phrase je l’ai lue et relue plusieurs fois. Je suis allée faire des recherches pour comprendre ce que cela voulait dire. Et si finalement le visage de l’échec était en train de changer en France ? À y regarder de plus près, il semble que l’échec se raconte désormais et qu’il se démocratise. Mieux encore, il sert d’exemple ! Qui n’a jamais entendu un discours ovationné de Steve Jobs racontant sa mise à la porte de Apple. Henry Ford ruiné suite à sa première entreprise. Ou encore Walt Disney viré pour manque d’imagination. À l’image de cet « échec » qui n’est plus stigmatisé, de nombreuses associations se créent dans le but d’aider les entrepreneuses et les entrepreneurs à rebondir; 60000 Rebonds, Second Souffle, ou Les Rebondisseurs Français. Même l’Etat se met en ordre de marche pour faciliter ce passage qui peut s’avérer très compliqué. Pour preuve, la loi PACTE va permettre, entre autres, de ne plus être fichées à la Banque de France après deux liquidations judiciaires vécues en cinq ans.

rebondir après un échecDe mon côté après une autre déconvenue intrapreneuriale, au sein de l’entreprise où j’étais salariée, c’est, contrainte et forcée, que j’ai dû faire face à la dernière phase du deuil avant de rebondir: la dépression ou plus « modernement » appelée le burn-out. C’est début 2017 que mon corps et ma tête ont décidé pour moi qu’il était temps de me pardonner mes échecs (expériences) successifs et d’engager un nouveau projet. Après de nombreux mois de crises d’angoisses, de somnifères et de larmes, il m’est apparu comme une évidence que ma quête de sens passerait par la solidarité, l’entraide et l’accompagnement des femmes à s’épanouir grâce à l’entrepreneuriat. Entrepreneuze est alors né.

 

Par Bérengère Soyer

Crédits photos Bérengère Soyer, Pixabay et Les Deux Yeux Photographes

 

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3 commentaires

  1. Jp Messié

    Le 29/01/2019

    Bravo Bérengère,
    Meilleurs vœux de réussite pour Entrepreneuze !
    Jean-Paul Messié

  2. Bérengère Soyer

    Le 29/01/2019

    Merci Jean-Paul ! 😉

  3. Mélanie

    Le 30/01/2019

    Merci Bérengère pour ce bel article et de partager ton expérience avec nous ! 😊

    C’est vrai que l’échec de démocratise de plus en plus en France, même si c’est toujours difficile de ne pas le craindre, dans un système où tout fonctionne avec des notes, des classements, etc ..

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