Charlotte Baranger
Portraits

Charlotte Baranger, agir en mêlant le monde du business et de la solidarité

le 11/02/2019 par Violaine Berté
Rencontre avec une entrepreneuse qui facilite la coopération entre les entreprises et les associations

Charlotte Baranger, pourquoi « WeAct » ?

Pour AGIR ! A 35 ans, en plein milieu des évènements dramatiques qui ont touché la France, j’ai pris conscience que j’avais besoin d’agir pour ne pas subir ce qui se passait. La violence qui nous saisissait tous à ce moment, les difficultés écologiques, migratoires, le terrorisme… D’un coup, c’est comme si tout était devenu clair, peut-être même trop clair ! C’est comme si tout me ramenait au besoin de sens et à cette question : qu’est-ce que j’ai envie de faire de la deuxième partie de ma vie ? Le temps est tellement important, je veux qu’il soit bénéfique.

Charlotte BarangerEn parallèle, mes enfants commençaient tout doucement à être plus autonomes, je quittais mon entreprise (Bébéconfort) et une envie a émergé : quitter l’entreprise dans laquelle j’avais évolué et m’étais sentie si bien depuis le début de ma carrière. Je me suis donc demandé ce que je pouvais faire pour m’engager pour ces causes sociales et écologiques qui me tiennent à cœur. La liste des possibilités était longue ! Mais j’avais 3 éléments :

1- J’aime le monde des affaires.

2- J’ai envie de rapprocher des gens sur la durée. Lors d’évènements dramatiques, les gens se rassemblent très fortement, puis le temps remet de la distance.

3- Notre besoin de sens. Ce besoin nous touche tous, les entreprises et les salariés n’y échappent pas.

Concrètement, que proposez-vous au travers de WeAct ?

WeAct, c’est agir et innover ensemble pour l’impact positif. Je mets en relation des associations qui ont besoin d’aide avec des entreprises qui ont envie de mettre plus de sens dans leur développement. L’objectif de WeAct, c’est avant tout de soutenir les acteurs du changement en mettant à leur disposition de l’aide sous forme de mécénat de compétences. Cette démarche permet de redonner du sens au business et ça, j’y crois très fort.

Au quotidien, WeAct c’est quoi ? Racontez-nous votre dernière action ?Charlotte Baranger

Nous avons créé un défi WeAct : sur une journée, huit entreprises ont aidé trois associations (Bobo planète, Report’Cité, Filalinge). L’idée est de mêler sur une journée deux mondes qui se connaissent peu pour faire grandir de beaux projets. Par exemple avec Bobo Planète, qui intervient dans les écoles pour sensibiliser à l’écologie, nous avons créé un outil pédagogique pour que les enfants rapportent chez eux la réflexion écologique et en parlent avec leur famille.

Nous avons également aidé Filalinge, qui est une laverie solidaire, à définir leur message pour mieux vendre leurs prestations et ainsi développer leurs ateliers de retour à l’emploi.

Dans l’avenir, pensez-vous que les entreprises vont réellement changer leur rapport à la société et à l’environnement ?

Je ne suis pas certaine que la loi incite suffisamment à agir. On a beaucoup entendu parler de la loi Pacte et de l’objet social de l’entreprise mais finalement, depuis, ce n’est pas plus présent dans les organisations. En revanche, les associations évoluent vers le monde de l’entreprise. Elles ont besoin de se professionnaliser et les entreprises, elles, ont besoin d’un impact écologique et humain plus fort. Je sens un vrai mouvement citoyen, les gens ont envie d’agir !

Vous imaginez comment WeAct dans 5 ans ?

J’imagine plein de petits WeAct en France. J’aimerais être la référence locale en matière de mécénat de compétences. Je ne sais pas sous quel format aujourd’hui, mais je compte m’appuyer sur le réseau pour imaginer la suite. En réalité, à horizon 5 ans, je ne sais pas vraiment, mais j’ai pour ambition d’avoir soutenu 50 projets à impact positif dans la région d’ici 2 ans.Charlotte Baranger

Financièrement, j’espère évidemment pouvoir vivre de mon activité et aider des partenaires à en vivre. Mais je ne me suis pas fixé d’objectifs en matière de chiffre d’affaire mais plutôt en nombre de projets à faire éclore, c’est ça qui me parle. J’imagine aussi que d’ici quelques temps, des partenaires pourront animer des défis WeAct dans d’autres villes pour multiplier les projets à impact positif.

Entreprendre seule, c’est un choix ?

En réalité, quand j’ai quitté l’entreprise dans laquelle je travaillais, tout le monde pensait que j’allais créer ma boite. Ce n’était pas forcément mon idée de départ. D’ailleurs, j’ai d’abord réintégré une société. Puis j’ai été consultante et c’est dans un second temps que je me suis dit que la distance à parcourir avec la création d’entreprise était facile à franchir, et je me suis lancée.

Mon mari est très présent et c’est aussi une force. Au départ, j’ai collaboré avec des étudiants entrepreneurs. D’ailleurs, c’est ensemble que nous avons trouvé le nom WeAct. On a brainstormé avec une petite équipe d’étudiants entrepreneurs. J’ai travaillé 1 an et demi avec l’un d’eux qui a ensuite intégré l’école 42. Quand je me suis retrouvée seule, je me suis sentie capable de continuer ainsi.

Je me sens libre et j’aime ça. En tant qu’entrepreneuse, je ne me suis jamais sentie en difficulté. J’ai toujours travaillé avec des hommes bienveillants. Je trouve la complémentarité intéressante. J’ai tout de même eu besoin d’intégrer un espace comme Weforge (pépinière d’entreprises à Angers) pour sentir du monde autour de moi et évoluer dans un écosystème porteur. Je vais bientôt intégrer le Village by CA . J’arrive à une étape où je réfléchis à m’associer ou travailler avec un partenaire. Je réfléchis encore.

Quel est votre rapport à l’écologie ?

Je suis en pleine transition !

J’ai co-organisé le World CleanUp day à Angers le 15 septembre 2018. On a ramassé 10 m3 de déchets. Je vais également travailler avec la Jeune Chambre Économique autour de la question des « doggy bags ». Nous avons aussi lancé les frigos solidaires…

Côté perso, chez moi, j’ai des poules ! J’essaie de réduire la viande et je colore mes cheveux avec du végétal. Je commence le vrac. Je covoiture… Mais je prends toujours l’avion car j’adore voyager. Ce point me pose problème et me fait réfléchir.

 

Par Violaine Berté

Crédits photos Charlotte Baranger, WeAct

 

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