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Entreprendre d’ici 10 ans ; tout digital, I.A, réalité virtuelle… Seront-ils des ennemis ou des alliés ?

le 06/05/2019 par Bérengère
A l'aube d'un grand changement, tant au niveau national qu'à l'échelle mondiale, et parmi toutes les révolutions humaines, technologiques et climatiques que nous vivons, la plus effrayante semble être l'intelligence artificielle. Que cachent ces deux mots antinomiques qui, réunis, s'avèrent donner aux machines les capacités d'un cerveau humain ? Devons-nous prendre au sérieux la théorie de la Singularité qui prédit une invasion des machines intelligentes pour 2029 ? Ou, au contraire, pouvons-nous en faire bon usage et y voir de véritables partenaires pour notre entreprise ?

Afin de saisir au mieux les enjeux de cette révolution, nous avons posé quelques questions à Quentin Fournela, co-fondateur de Silex France, spécialiste s’il en est des algorithmes, du digital et de l’intelligence artificielle.

Ennemis ?

Intelligence artificielleQuand on entre « transformation numérique » ou « IA » dans un moteur de recherche, des photographies futuristes et déshumanisées apparaissent immédiatement. De même, de nombreux articles anxiogènes et pointant du doigt les géants des GAFA (acronyme désignant Google, Apple, Facebook et Amazon) arrivent en tête des articles les plus lus. Et pourtant, pouvons-nous réellement passer à côté de cette digitalisation et de cette robotisation des tâches lorsqu’on souhaite créer une entreprise durable et concurrentielle ?

Car finalement, « la transformation numérique”, nous explique Quentin Fournela, “[n’est que] la transformation de pratiques manuelles d’un collaborateur vers des pratiques digitalisées et facilement accessibles de plusieurs autres utilisateurs de l’organisation. » Et d’ajouter : « L’IA n’est qu’un domaine du digital mais elle peut permettre beaucoup de choses ! »

 

Intelligence artificielle

Quentin Fournela, co-fondateur Silex France

 

Nous sommes aujourd’hui envahis par le tout numérique, les algorithmes et les robots qui pensent et anticipent pour nous. Même en voulant y échapper, nous sommes tous plus ou moins facebookés, googlelisés ou digitalisés. Si nous partons du constat que le géant Google a déjà cartographié la planète entière via son application Google Earth et qu’il s’emploie à « racheter quantité de start-ups et à numériser toutes les productions humaines avec notamment Google Books » (selon Laurent Alexandre) alors oui, nous ne pouvons plus vraiment échapper à notre identité numérique. Mais au-delà de la crainte que suscite l’hyper digitalisation, comment l’intégrer à sa stratégie de développement et comment en faire bon usage ?

Le co-fondateur de Silex France nous répond : « Tous ces outils ne sont, à mon sens, pas nécessairement la priorité quand on entreprend. Il faut avant tout toujours garder en tête le besoin auquel on répond en créant son entreprise, et son potentiel sur le marché. Ces technologies ne sont que des éléments de réponse. Toutefois, il faut noter que pour de nombreux besoins, ces solutions sont souvent indispensables pour satisfaire les utilisateurs… » et donc les clients ! Indispensables, oui, mais pas obligatoires. En effet, leur intégration ne doit être qu’une conséquence « logique ou souhaitée » après étude du plan de développement.

Alliés ?

Le gouvernement actuel a fait de la transition digitale un axe prioritaire de son quinquennat. Il faut se rendre à l’évidence, la transformation numérique apporte et va apporter à l’avenir des opportunités économiques formidables. Comme toutes les avancées modernes, le manque d’informations et de connaissances suscite bien souvent la crainte puis la critique. Mais à y regarder de plus près, on estime à 23 milliards d’euros (d’ici 2020) le marché des équipements connectés et du déploiement du numérique dans l’industrie (Source : Entreprise du futur : Les enjeux de la transformation numérique – livre blanc publié par l’Institut Mines-Télécom). Alors, comment en comprendre tous les rouages et prendre le train en marche ?

D’après notre expert, l’enjeu ne serait pas d’en connaître tous les tenants et aboutissants mais simplement d’en voir l’intérêt et d’en saisir les logiques, pour les intégrer à sa propre structure selon son besoin.

« Ces technologies sont de plus en plus complexes et seuls quelques ingénieurs hyper qualifiés sont en mesure de les challenger et de faire avancer la science sur ces sujets. (…) A l’image du digital, elles sont inclusives et ont vocation à être largement déployées grâce à des coûts d’accès en baisse constante. »

L’hypothèse selon laquelle l’intelligence artificielle déclencherait un emballement des machines d’ici 2030 semble donc s’éloigner à mesure que la science et la recherche avancent sur le sujet. La France n’a pas à rougir « en matière d’universités, de chercheurs, d’étudiants en mathématiques ou de laboratoires dans ces domaines de pointe », nous assure ce spécialiste de l’intelligence artificielle. A l’instar des universités françaises les plus réputées comme Polytechnique, l’Université Nice Sophia Antipolis ou la Sorbonne. Cependant, « du point de vue de la recherche privée, les entreprises françaises ne rivalisent pas avec les grandes entreprises américaines et chinoises qui investissent des montants incomparables sur ces sujets. »

Qui seront les grands gagnants et les perdants ?

Dans la lignée de tous les progrès manifestes, le défi est de ne laisser personne de côté. D’où l’importance pour les entreprises françaises et les cheffes/chefs d’entreprise de réfléchir à la transformation digitale dès à présent, afin de ne pas rester à la traîne. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les plus en avance en terme de mutation numérique sont les pays et continents émergents tels que l’Afrique, le Brésil ou l’Inde. « Les services bancaires sont largement plus développés en Afrique ou en Inde qu’en France, par exemple », nous apprend Quentin.

Intelligence artificielleAlors, que l’on soit pour ou contre cette (r)évolution, ces sujets sont le cœur de la compétitivité désormais (Source : Bpifrance). La chance pour toutes et tous, c’est l’opportunité que donne cette « remise en concurrence de vieux marchés avec l’arrivée d’entreprises basées sur ces innovations de rupture », conclut Quentin Fournela. Et de nous rappeler : « L’électricité, par exemple. On pouvait rester à la vapeur mais a priori, le progrès avait de bons côtés et offrait de nouvelles réponses…”

 

Par Bérengère Soyer

Crédits photos Pixabay et Silex France

 

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