repenser l'avenir
Edito

Repenser l’avenir, réinventer demain…

le 08/04/2020 par Bérengère
Le 16 mars dernier sonnait le premier jour du reste de notre vie. Le confinement était décrété pour toutes les Françaises et tous les Français. S'en suivrait alors le reste du monde. Pour qu'au final, la moitié de l'humanité soit, aujourd'hui, contrainte de rester chez elle...pour une durée indéterminée.

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Nous l’entendons, nous le voyons, nous le vivons. Depuis presqu’un mois, notre vie n’a plus rien à voir avec ce que nous connaissions jusqu’à présent. Contraints de nous adapter (c’est le propre de l’humain), nous réinventons notre façon de travailler, nous trouvons des moyens pour combler notre solitude, nous envisageons les relations humaines différemment. Nous trouvons des solutions pour continuer à vendre et à consommer mais de manière plus responsable. Face à l’inédit, nous nous réinventons immanquablement. Car, nous le savons c’est l’adaptabilité qui a façonné l’évolution…et qui façonne l’entrepreneure.

« Il faut que tout change pour que rien ne change » disait Lampedusa dans sa célèbre oeuvreLe Guépard. Sommes-nous, depuis quelques semaines, face à notre changement ? C’est bien le message que semblent nous envoyer ce virus et plus largement, la nature et la planète. Alors oui, les moments d’inquiétude et de désarroi nous ont envahis, toutes et tous. En tant qu’indépendantes et indépendants, fermer pour plusieurs semaines nos structures, nos entreprises, nos commerces, nos restaurants, revient à vider notre trésorerie, jeter notre stock aux ordures et liquider les collaborateurs pour mettre, ni plus ni moins, la clé sous la porte. Puis s’en aller, sans « demander son reste », après des mois et des années à tout mettre en oeuvre pour faire grandir ces entreprises. C’est une mise à mort ! C’est un crève coeur !

Et pourtant, s’adapter, évoluer, changer…pour que rien ne change. Ou plutôt pour que le fond ne change pas mais que la forme change. Car oui nous devrons toujours manger, dormir, travailler, se rassembler, rire, profiter, apprendre, rencontrer… Cependant, nous devons apprendre désormais à faire tout cela en respectant la terre. En observant une certaine retenue quant à notre façon d’acheter. En consommant plus local. En se détachant d’Internet, de ses « gourous » et en ne cédant pas inlassablement à ses sirènes. En s’efforçant de faire travailler les compétences qui se trouvent en face de chez soi et non plus à l’autre bout du pays (ou du monde!). En comprenant davantage le sens du mot « qualité », jusqu’ici sacrifié constamment sur l’autel du « prix cassé », du « rabais » et de la « promotion ». Car repenser l’avenir et réinventer demain c’est aussi prendre conscience de la juste valeur des choses, des idées et du savoir-faire. Inclure dans nos choix la dimension humaine et celle du service après-vente que notre économie du low-cost ne permettait plus. La mentalité « Black Friday » est en bout de course. Notre planète, notre santé, nos entreprises et nos emplois ne sont plus « discount » et n’auraient jamais dû l’être. Il était temps d’en prendre conscience !

Alors ne nous attardons pas sur hier. Profitons d’aujourd’hui pour commencer à repenser demain. Nul n’avancera en s’attardant sur le pourquoi du comment de cette crise. Il est temps de préparer la reprise et de réfléchir une bonne fois aux valeurs que nous souhaitons dorénavant impulser dans nos entreprises. Le nouveau monde doit se penser collectivement et inclusivement. Les minorités, et notamment les femmes, doivent compter plus que jamais dans ce nouveau schéma. Cette pandémie a prouvé (si cela devait encore être le cas !) que les femmes occupent une place de premier plan dans la bonne marche et l’équilibre de notre société. En pleine gestion de la crise, elles représentent 87% des aide-soignant.es, 90% des infirmier.ères, 46% des médecins ou encore 60% des enseignant.es. Leur vision du monde et leurs compétences sont primordiales en ce moment. Et elles doivent le rester tout autant demain.

Or, comme le disait Simone de Beauvoir, « il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question ». C’est vrai, les statistiques le montrent. En période de crise, le genre est décisif dans la gestion des conséquences liées. Licenciement des emplois peu qualifiés souvent occupés par les femmes, salaires déjà bas revus à la baisse, temps partiels diminués, fermetures des écoles qui entraînent une surcharge de travail domestique et une gestion des enfants encore en majorité pris en charge par les femmes, violences domestiques en augmentation, suspension des interventions médicales considérées comme « non urgentes » telles que les IVG… Cette crise ne doit pas voir revenir à la case départ l’émancipation et l’autonomisation des femmes. Cette crise doit permettre d’ouvrir les yeux sur le potentiel encore trop peu exploité qu’elles représentent en France et dans le monde. Cette crise doit permettre aux femmes de prendre et conserver leurs places définitivement sur l’échiquier mondial !

 

Par Bérengère Soyer

 

Découvrez ou re-découvrez l’édito du mois de mars 2020.

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