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Retour sur le congrès national Femmes Cheffes d’Entreprises

le 19/11/2018 par Bérengère
On vous en parlait la semaine passée sur nos réseaux sociaux, le congrès national de l'association FCE France avait lieu à Nantes le 15, 16 et 17 novembre.

FCE France, c’est quoi ?

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Anne-Sophie Panseri et Laurence Vernay

C’est en 1945 que l’association Femmes Cheffes d’Entreprises est créée par Yvonnes-Edmond Foinant, alors maître de forge. Dans un paysage économique largement dominé par les hommes, elle souhaite que les femmes soient représentées dans les institutions et les organismes représentatifs des entreprises. Elle sera alors la première femme élue à la CCI de Paris. Aujourd’hui FCE est une association interprofessionnelle qui regroupe plus de 2000 cheffes d’entreprises en France, à travers 54 délégations. Les femmes sont toutes gestionnaires et financièrement responsables de leurs entreprises. L’organisation est également internationale et est présente dans plus de 70 pays. Elle a aussi un statut consultatif aux Nations-Unies et au Conseil de l’Europe.

Quel est le but du congrès national ?

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Corinne Besnard et Anne-Sophie Panseri

Le congrès national se tient tous les deux ans en province, en alternance avec un forum parisien. Le but est de débattre sur des sujets en lien avec l’actualité économique et l’évolution propre aux entreprises. Des experts, des sociologues et des philosophes sont invités à faire part de leurs travaux de recherches, parler de leurs métiers, animer des ateliers toujours en lien avec le thème choisi. Cette année, celui-ci portait sur le temps et sur la capacité à le gérer au quotidien. Pendant trois jours, toutes les femmes membres de FCE sont invitées à se retrouver. Elles échangent sur leurs histoires, sur les problématiques rencontrées durant l’année écoulée. Mais au-delà de cela elles retrouvent aussi des amies, des confidentes et des soutiens précieux à qui elles peuvent se confier.

À Nantes, quel programme cette année ?

fce franceDès le jeudi soir elles étaient 300 FCE venues de toute la France. « Elles étaient tellement heureuses de se retrouver » nous dit Laurence Vernay, présidente de la délégation Pays de Loire. Et de continuer « le congrès est un moment fort, un vrai moment de partage ». Le réseau FCE est le premier réseau féminin en France. Une vraie « relation de confiance, sans jugement » s’est installée entre les cheffes d’entreprises de tout le réseau. Le but est d’être « dans du concret » explique Anne-Sophie Panseri, présidente du réseau national, aussi présente à Nantes pour ces trois jours. En faisant partie de ce réseau, les femmes s’engagent à collaborer avec leurs consoeurs, à les accompagner et à les soutenir en cas de coups durs. À résoudre leurs défis professionnels. Ces trois jours vont être ponctués de conférences, de débats et d’ateliers. Par exemple une plénière coordonnée par Nicole Aubert et Antoine Carpentier ayant pour sujet: « Faut-il se fier aux adages du temps » ? Un atelier animé par Claire-Marie Allard et Corinne Cantin sur le sujet: « Le temps au service de la coopération ». Un autre en présence d’Isabelle Masson-Mandonnaud, ancienne propriétaire et créatrice des magasins Sephora jusqu’en 1997, sur le sujet: « Les temps dans l’entreprise ».

À cette occasion, Entrepreneuze était présente pour interviewer certaines intervenantes et intervenants… fce france

Antoine Carpentier, coach spécialiste de la dimension humaine et relationnelle dans la performance et la réussite. Entrepreneur franchisé.

Entrepreneuze: « La notion d’engagement est prépondérante dans votre propos. En étant présent au congrès, comment vous engagez-vous dans le soutien à l’entrepreneuriat des femmes ? »

Antoine Carpentier: « Je n’avais pas de volonté particulière à travailler sur l’entrepreneuriat des femmes. C’est mon expérience qui m’a amené à croiser des patrons et donc des femmes cheffes d’entreprises. »

Entrepreneuze: « Est-ce que le management par les femmes et plus largement leur gestion d’entreprise est plus performant que celui des hommes ? »

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Antoine Carpentier et Bérengère Soyer

Antoine Carpentier: « Il y a des situations qui nécessitent des capacités antinomiques. Une personne qu’elle soit homme ou femme ne peut pas avoir toutes les conditions de la réussite. Nous apprenons à nos clients qu’il y a six conditions à la réussite: les compétences, l’exigence, la reconnaissance, la confiance, la cohérence et le sens. Les clichés historiques filles/garçons perdurent dans l’entrepreneuriat. Les valeurs d’éducation et les émotions vont être plus présentes chez la femme. Les hommes expriment moins leurs émotions car on leur a toujours dit d’être forts. À contrario l’autorité importante pour exiger une cohérence dans l’entreprise va être une qualité souvent plus masculine. C’est pourquoi la mixité au sein des entreprises et des organes décisionnaires est une fois encore primordiale ! »

Claire-Marie Allard et Corinne Cantin, spécialiste du management positif et consultante en management. Co-fondatrices associées d’un cabinet de coaching et de formation en accompagnement des organisations.

Entrepreneuze: Quels étaient vos visions, vos buts en vous associant et en créant votre cabinet ?

Claire-Marie Allard: Nous n’avions pas d’objectifs financiers. Pour ma part je cherchais à donner du sens. Je souhaite le plus possible être dans le moment présent. Généralement les choses se déroulent au gré des rencontres.

Corinne Cantin: J’étais à mi-carrière, je voulais du changement. Je voulais œuvrer pour le « mieux travailler ensemble ». J’ai rejoins Claire-Marie pour co-construire notre cabinet. Nous ne nous sommes imposées aucune pression de temps.

Entrepreneuze: Quelle était votre définition de la réussite ?

Claire-Marie Allard: La réussite est toujours perçue différemment pour chaque personne. Personnellement la manière dont j’incarne ce qui est important pour moi, c’est ma réussite.

Entrepreneuze: Est-ce que les femmes ont une approche différente du management positif ? Le fait d’être une femme « ouvre » t-il des portes ? Est-ce cliché ?

Corinne Cantin: Heureusement il n’y a pas que des femmes dans ce domaine ! Mais on trouve souvent les mêmes raisons qui reviennent. J’ai souvent entendu ce type de croyances, comme quoi les femmes ont une sensibilité différente etc. Dans certains cas les clients vont choisir spécialement une femme pour comprendre plus facilement une équipe composée essentiellement de femmes par exemple. Mais ce n’est pas une question d’homme ou de femme !

Claire-Marie Allard: On ressent parfois des choses qui sont liées à notre genre. Cependant on cherche à sortir de notre zone de confort et à aller contre ces pensées internes. Pour nous les différences hommes/femmes ne doivent pas être un sujet. C’est pourquoi nous ne cherchons pas à jouer forcément sur le fait que nous sommes des femmes dans notre approche des organisations. Nous ce qui nous porte réellement c’est ce qui va faire changer le système profondément.

Corinne Cantin: Jusqu’à présent en tout cas, je n’ai jamais ressenti un manque de confiance de la part des clients à cause du fait que nous sommes des femmes…

 

Par Aurélie Bargy, Mélanie Carrière et Bérengère Soyer

Crédit photos Entrepreneuze

 

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